26 avril 2013

Morceaux.




J'ai une envie terrifiante de crier pour une fois. Comme à chaque période de vacances qui passe de toute manière, l'impulsion de partir traverser un champ rempli de bestioles qui grouillent en plus de plantes pas très gentilles qui me lacéreront les jambes pendant qu'elles seront parties très très loin et que mes poumons se videront de toute leur contenance. Mais comme c'est pas possible, et que je ne vais pas littéralement vider mon sac ici alors je vais philosopher (comme je peux car j'ai toujours été nulle à faire fonctionner abstraitement ce que j'ai entre les deux oreilles, et que mes soucis ne regardent que ma fraise).

"La mort ne consulte aucun calendrier", dit le proverbe venu de nos voisins outre Manche. A dire avec l'accent chantant la pluie et une tasse de thé. Parce qu'effectivement, la vie c'est déjà assez nul mais à la fin en plus on meurt. Il faut profiter des gens qui nous entourent, les aimer, les choyer, mais malheureusement ça ne se passe pas toujours comme ça. Là vous avez déjà la couleur de l'article, il sera aussi chatoyant que le noir profond des photos.











J'ai, étant très jeune, été insouciante et vraiment dans ma bulle, qui a éclaté depuis maintenant 6 ans. J'ai eu et parfois ai encore de formidables liens avec des personnes que je n'oublierais jamais, et ma mémoire visuelle ne me permet pas vraiment d'oublier un visage, ni même leurs actes. C'est de toute manière lorsque tout s'écroule, et qu'un sourire absolument ignoble illumine votre visage aux yeux gonflés et creusés que les seuls à le ressentir seront là. Nul besoin de mots pour comprendre la peine d'un proche, mais c'est encore pire que ce soit par la faute de proches qu'on se décompose, car ils savent très bien là où appuyer pour que le sang batte plus vite et faire grimper l'économie de Kleenex.

Ce soir j'ai envie d'être dans la capsule temporelle du livre La Nuit des Temps de Barjavel, qu'on me freeze dedans et que je n'en ressorte que pour manger des chocapics. Je suis lasse de choisir un camp neutre parmi un conflit dont je ne vois pas la fin, et qui en plus me pique les fesses avec des pics à brochettes lorsque je l'ouvre pour concilier les deux partis. Lasse d'essayer d'arranger ce qui a déjà été brisé, ramasser maladroitement les morceaux qui n'ont déjà plus de couleur, d'odeur, et s'affadissent avec le temps. A presque 21 ans je regrette des moments heureux que je n'ai pas pleinement appréciés, je me tourne vers mon pauvre présent tout tremblant et le futur est dans un brouillard londonien bien épais. Je regrette sincèrement la chaleur si douce de cette bulle qui m'était offerte si gracilement par mon enfance, qui semble déjà loin. L'heure du goûter était la préoccupation majeure de la journée. Je suis désormais thanatophobe, agoraphobe et je plains vraiment ces petits vieux qui doivent choyer des regrets bien plus importants que les miens, avec des souvenirs encore plus flous qu'un myope sous la pluie à 3h du matin sans lampe torche. Je découvrais la mort d'un proche, les disputes d'autres, l’incompatibilité amicale, parfois amoureuse, la bulle éclate, mais je me laissais toujours porter par le courant car il n'était pas tellement fort. Désormais cette rivière qu'est la vie essaie de me couler, je respire comme je peux, je ne profite pas de tout, mes amis et mon homme sont mes bouffées d'oxygène. Des souvenirs tels des petites bulles qui chatouillent mon visage à moitié dans l'eau, salée telle des larmes. Mes poings ont toujours les gants de boxe mais je ne sais plus vraiment comment les utiliser, un magicien sans cartes, ni chapeau, ni lapin, aussi crétin qu'il soit.


Alors je vais rester debout, un peu conne mais debout, mais je ne vais plus rien dire.







Je veux voir de nouveaux horizons, je veux réussir dans ce qui me plaît, et plus tard si je fonde une famille je m'efforcerai de la garder en un seul morceau. Avant c'était très atypique de voir ces gens qui s'étaient porté tant d'amour ne plus se dire bonjour même en se croisant à la boulangerie. Aujourd'hui c'est parfaitement banal. Je suis triste de voir le monde se porter autant de haine alors qu'il y a plus important, des choses qui s'accumulent et un destin qui s'acharne. Je veux voir des gens sourire même quand ils ont peu, j'ai moi-même un toit au dessus de la tête, qui tient et ne fuit pas, merci au moins cela, tout le monde n'a pas cette chance. Je peux manger même si parfois c'est cheap et un peu répétitif. J'ai des amis qui sont là pour moi, des gens qui veulent me voir, qui observent mes pas à tatillons dans ma voie, qui ne se sont pas attardés à mon changement physique, vestimentaire ou de mentalité. Je peux transmettre depuis peu mon savoir et avoir la satisfaction personnelle d'aider les autres dans un domaine qui nous réunis. J'ai eu une éducation, je serais j'espère après mes études dans un domaine qui a toujours été ma passion. Et putain dieu merci, mais merci, j'ai la santé. Vous n'imaginez pas ce que c'est que de voir une personne qui pète le feu d'habitude, devenir blanc comme neige mais toujours campé sur ses positions à bouffer cette saloperie qu'on appelle le cancer. D'autres ont les mêmes soucis que moi et voient leur univers de proximité se déchirer entre eux, d'autres ont des rêves qui s'écroulent. Et ces proches qui ne comprennent pas, aveugles de leurs soucis qui pensent que parce qu'on sourit encore et qu'on est encore debout on ne pense pas à tout ce négatif, qu'on est égoïste alors que parfois le soir des crises de panique se déclenchent. En parler aux autres fait de toi un lâche, le garder pour toi un insensible, l'exposer à un professionnel de la santé fait de toi un fou. Tout le monde a des problèmes, tout le monde, à différentes échelles. Même la minette qui a acheté une robe pour un mariage, même la voisine qui part aux Seychelles, même le boulanger qui demande à la mamie si son petit chat va bien chaque jour avec un grand sourire, même Iron Man multimilliardaire qui pousse sa nana à bout. Mais tout le monde  ne peut pas rêver de son plein gré, vous allez tous au cinéma, à vos occupations et loisirs pour oublier combien vous êtes las de tous ces soucis qui nous empoisonnent tous. J'ai la chance de pouvoir utiliser mon hémisphère droit de ma petite cervelle pour créer en plus d'apprécier des créations, quelles qu'elles soient. Voilà pourquoi je continuerais à chausser des échasses pour sortir du tumulte aquatique où je me suis fourrée, je reconstruirais une bulle, ça va prendre du temps, c'est pas demain la veille, mais j'ai encore envie de rêver, et peut-être qui sait, de vous faire rêver aussi ? De créer plein de trucs avec mes 10 doigts, et si on me les coupe et bien rien à faire, j'utiliserais mes pieds.


Chérissez les personnes pour qui vous comptez, et vice versa. Il n'y a pas de place pour la haine dans notre vie, le temps est déjà trop précieux. Tout ce mal qui nous tend tous comme des strings est déjà trop pesant. Regardez bien ceux qui partagent tellement de choses et de points communs avec vous, pour bien vous en rappeler si des mots ou actes venaient à gâcher vos liens. Je ne suis pas angélique, je regrette juste des moments et des liens, je souhaiterais éviter à tous ceux qui auront la force et l'envie de lire ces quelques phrases de tomber dans la même rivière de larmes où je manque parfois de me noyer. A tout moment, on tisse avec des fils d'étoiles tombées de nulle part une tapisserie du bonheur qu'il faut absolument préserver de toute impureté d'esprit ou de sentiments. Chaque inconnu ou connaissance rajoute sa touche de couleur dans ce patchwork commun qui restera la plus belle façon de sourire au quotidien, et de partager avec d'autres encore cette chance.



Merci. Prenez soin de vous.







Photos by Cyril Chaniaud. Son site est ici. (merci encore à toi, le temps passe mais je les aime toujours autant !)




12 commentaires:

  1. Allez courage ma belle, sors toi un peu de cet environnement et laisse toi respirer, t'as eu de la chance d'avoir une enfance heureuse apparemment, laisse pas le présent gâcher ça!
    Rappelle toi comment c'était avant et dis toi que ça reviendra, différemment, mais l'harmonie reviendra une fois que la discorde sera passée
    Accroche toi ;)

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    1. Je m'accroche mais au bout de 6 ans on s'use...
      il me tarde de rentrer chez moi... toute seule !!

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    2. La solitude ça a du bon =)

      M'enfin si ça va pas reste pas toute seule!

      (et si jamais t'as besoin de parler... un ptit MP sur tattoorama ;) (hanatori) )

      Courage! Et défoule toi en dessins!

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  2. Ton article m'a mis la larme à l'œil...

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    1. Mais après la pluie vient le beau temps... il faut donc sourire si ça va bien =)

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  3. Je t'envoie des câlins, des bisous, et un grand merci

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    1. Oooh c'est tout mignon !... mais pourquoi le merci ? o_o

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    2. parce que même si au fond, on le sait, c'est toujours bon à rappeler (ce que tu nous as écrit) alors merci ;-)

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  4. Courage belle Demoiselle... (désolé je suis pas très doué pour trouver les mots...)

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    1. C'est pas grave c'est l'attention qui compte

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  5. Oui, tu nous fais rêver ! :)

    Pleins de bonnes pensées, et des gros bisous !

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  6. Sacré Article !!! Je m'y reconnais pas mal aussi ... :) !
    Comme tu dis, il faut se rattacher à ceux qui sont encore là, tant pis pour les autres, ceux dont on a été si proches qui ne nous adressent plus la parole maintenant, tant pis pour eux. Pas pour nous. Ainsi va la vie, les épreuves nous révèlent sur qui nous pouvons vraiment compter !
    Bisous :)

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Moi j'aime les petits mots ! ♥ Merci à ceux qui en laissent, ça fait plaisir !