16 juin 2014

Harcèlement de rue, bis.




J'en avais déjà parlé dans un article, ici : Être une fille et avoir la paix.


Mais ça ne me suffit pas, et comme les choses commencent à bouger, même si mon blog a été un peu délaissé à l'abandon, je m'en excuse, ce soir j’ai envie d’écrire, crier, et de m’écrier. En attendant de revenir pleinement vous dessiner des petites BD, j'ai besoin de l'ouvrir encore une fois sur le sujet du harcèlement de rue, parce que même si certaines associations y mettent tout leur cœur, je suis ébahie devant certains comportements, et je veux parler de comportements féminins contrairement à ce que l'on peut penser.


Je suis désolée mais je vais employer des mots assez crus, mais s’il n’y’a que ça pour faire passer un message et marquer les esprits, je ne vais pas mâcher mes mots. Les abrutis qui m’appellent « sale chienne » en pleine rue eux n’y mettent pas des paillettes et des guirlandes, et j’ai envie que le pus sorte de l’abcès parce que ce soir je suis en colère. J’ai emmagasiné tout ça pendant des mois et là, la cocotte minute va péter. Et je vais vous écrire une tartine comme jamais je n’en ai écrite jusqu’à présent. Je bous au-delà de la norme scientifique des 100°C, devant l’ignorance et la naïveté de certaines personnes.


Je ne parle pas de mes consœurs qui ne s'en étaient pas spécialement rendu compte. Moi aussi, au début, lorsque j'ai entendu parler des mots harcèlement, respect de la femme, injustice, problème de la jupe... Première fois, et je me demande, incrédule, si c'est un engagement féministe qui soulève beaucoup de questions, ou est ce que j'ai loupé une étape dans le processus ? Est-ce que moi aussi, je me sens concernée par ce ras le bol de la drague dans la rue… Et dans le fond, est-ce de la drague un peu lourde, accomplie par des hommes sans éducation et en mal de cu…-euh, je veux dire d’amour- (s’ils sont seulement capable d’aimer au-delà de leur petite personne bien gonflée de prétention…), ou est-ce qu’on arrive à un pallier supérieur ? Elle est où la différence, pour que presque un an après avoir écrit mon article, je me rende de plus en plus compte de l’étendue du problème ? J’ai déjà eu des altercations, mais depuis que je vis seule je me sens parfois sans appui, sans sécurité dans les lieux publics, et même parfois je me sens clairement en danger. De plus, je vais surement faire un autre article un peu plus tard, pour révéler ce que ça implique d’être agoraphobe, car lorsque je sors je suis deux fois plus fragilisée que la plupart des femmes, car de base je suis MORTE DE TROUILLE d’aller et venir dans la rue, d’attendre le bus, de prendre le métro.


Parenthèse à part donc, mais en quelques mois et saisons j’ai eu le temps de voir le phénomène prendre de l’ampleur. Soit mes yeux ont décidé de ne plus être aveugles, soit nous en avons parlé, nous (femmes, et hommes ! Merci à ceux qui soutiennent la cause !) avons commencé à propager le mot, et les harceleurs ont continué à faire leur loi en contre-attaque, parce qu’ils ont bien encore envie de matter des petits culs et de les insulter pendant qu’ils courent loin hors de portée.



Quand le chéri est là, je ne fais pas attention, même si par derrière on te reluque le cul avec des remarques lubriques, et quand tu es toute seule tu te rends vraiment compte qu'avec ton corps de femme et non plus d'adolescente, on te considère comme un objet à chaque coin de rue alors que tu vas juste acheter 3 tomates chez le petit épicier. L’un des premiers soucis est déjà là : durant des siècles, si nous étions dans la rue, c’était pour nous y déplacer. D’un point A à un point B. Les hommes investissent l’espace d’une manière différente, « le sexe fort » a déambulé comme un roi dans les lieux publics depuis des générations. La femme ne servait qu’à s’occuper d’une maisonnée et à faire des gosses. Si elle était instruite, elle faisait mauvais genre, ce n’était pas normal qu’un cerveau d’une si petite taille et d’un corps qui ne soit pourvu ni de muscles ni de couilles puisse montrer une once de lucidité ainsi que des idées dangereuses pour le peuple (masculin). Oui, depuis toujours et selon les lois dictées par notre constitution plus frêle et  notre morphologie faisant de nous des machines à marmots, nous avons toujours eu du mal à obtenir ce que nous voulions, pour ne citer que l’égalité envers le droit de vote. Une autre génération pas si lointaine, et désormais 70% d’absentéistes à la mairie le dimanche, alors que des femmes sont mortes pour que nous puissions glisser les bulletins dans l'urne. Mais pour en revenir au problème de base, nous avons vraiment fait la différence au début du XXe siècle. Et qui dit changement de génération, dit évolution des tenues et mentalités, cela nous amène au port du pantalon (Merci Coco Chanel et YSL, grand moment de la mode !) alors que la jupe était l’habit officiel de la femme.

Depuis plus de 2 millénaires et sur toute la surface du globe, ce que ces charmants agresseurs peuvent appeler le sac à minou, l’antre de la moule ou que sais-je encore comme phrase sentant bon la rose ou l’intelligence ; Avant que toute invention ressemblant à des braies ne soit porté, c’était la JUPE ou la ROBE qui primait dans notre armoire. Pour les hommes comme pour les femmes. La toge, le pagne, le chendjit, le dhoti, le kilt, le tapa, le paréo, bogolan, le périzonium, le boubou, le sarong, le pagne kita, le maxtlat, le fundoshi… Je dois encore vous faire un dessin, messieurs ? Vos ancêtres ont TOUS eu les parties à l’air, quelque que soit leur continent. L’excuse de la jupe comme moyen de viol, n’a déjà plus de sens du tout.

Nous sommes des personnes et non pas des objets, si c’est le vêtement qui vous fait tant envie, achetez vous en une, chers gentlemen !


En parlant d’achats, je reviens au sujet qui m’a amené à écrire cet article. Je ne veux donc pas parler de celles qui comme moi sont royalement paralysées lors d’un affront auquel elles ne s’attendaient pas. Encore plus lorsqu’un ancien traumatisme a été laissé. Je veux surtout parler de celles qui ne pensent qu’à, exclusivement et uniquement à être coquettes, vont hocher la tête quand on va parler du problème, et après ne vont rien retranscrire.


Comme si le Harcèlement de Rue, celui que nous subissons toutes chaque jour, n’était pas leur combat.


Que ce sujet ne les regardait pas. Mais alors, royalement pas du tout.




Elles continueront à s’habiller comme bon leur semble (et elles ont bien raison sur ce point, ça par contre j’appuie et j’applaudis !), mais ne profiteront pas de leur popularité de blogueuses pour faire passer un message vrai, un message qui a maintenant plus que jamais besoin d’être entendu.  Je m’en bats le steak de ton nouveau haut ou de ta montre turquoise aux couleurs de l’été, c’est beau c’est chouette certes mais ça ne m’aide en rien quand on me balance des bouteilles de bières sur la gueule à 1h du matin, des bouteilles qui s’explosent autour de moi pendant que je traîne le pote blessé qui s’est pris 20 coups de pieds dans le bide, parce que les agresseurs voulaient avoir le plaisir de le foutre à la flotte. Ce jour là si ce groupe de jeunes n'était pas intervenu, je me serais surement faite violée.
Ton vernis à ongle et ta manucure ne me seront d’aucun recours à répartie quand, alors que je serais sortie décompresser entre deux examens avec des amis dans un bar, on me choppe la main, ce parfait inconnu se donne le droit de la caresser, et quand je lui dis non fermement il me broie le poignet. Bah oui, qui es-tu, pour crier non à ses avances, sale petite pute ? Et ta copine, elle, s’est juste fait prendre le cul à pleine main, et lasse que ça lui arrive pour la 20e fois de la soirée, ne dit du coup plus rien à ce type qui est tout content d’avoir testé le dernier coussin humain.


Tout ça, parmi d’autres situations, c'est du vécu personnel.


J’essaie de poster à ce sujet, pour dénoncer le harcèlement, pour que nos congénères masculins qui eux ne sont pas comme ça mais ne savent pas, prennent conscience. Et bien entendu, que je ne suis pas la seule, et c’est ça le plus grave ! Mais comme m’a dit mon amie qui s’est faite toucher le fessier sans impunité par ce gros dégueulasse dans le bar, elle a vu un de mes partages sur les réseaux sociaux, et a commencé à pleurer devant. Ses mots : Comment ai-je pu en arriver là, avons-NOUS pu en arriver là, que ce soit tellement récurent pour que ce soir, je me la sois fermée par ÉPUISEMENT ?


De là, ma question.


Je ne suis qu’une petite bloggeuse de rien du tout. Moi mon kiff c’est le dessin, passer des nuits à me taper des barres toute seule avec un crayon et une feuille. Mais y’en a d’autres qui ont de l’affluence, et ne l’utilisent pas, aussi j’ai été demander à deux ou trois personnes d’en parler.



Ce que mes oreilles ont entendu dans une vidéo n’en reviennent toujours pas.



"VOUS PASSEZ VOTRE CHEMIN SANS LEUR PRÊTER ATTENTION."




Vous venez bien de lire cette phrase. Non elle n’est pas de moi. Oui, cette personne a publiquement conseillé à ses milliers de fans qui la suivent, de faire l’autruche. Que de ne pas s’impliquer, c’est éviter une altercation –évident !-, et c’est beaucoup mieux que d’ouvrir sa gueule. Au moins la prochaine, ce ne sera pas vous. Vous êtes juste l’objet d’attraction de quelques minutes qu’on va traiter de salope qu’on aimerait bien pouvoir remplir. (Je cite ce que j’ai lu sur Payeta Shnek.) Et puis vous vous en irez, sans rien dire, confortant à votre agresseur verbal que vous êtes bien ce qu’il cite, vous êtes faible au point de vous laisser insulter, mépriser, publiquement, sans  refuser que vous vous reconnaissez dans ces appellations.
Alors oui, moi je suis phobique comme je l’ai dit plus haut. Dernièrement avec le stress, je fais, ou je manque de faire des attaques de panique en pleine rue. Mais je sais que certaines d’entre vous, elles ont du cran. J’aimerais moi aussi que ma voix se délie si jamais ça m’arrive de nouveau, et je ne me fais pas d’illusions, il y aura de nouveau des différends car le combat n’est pas du tout fini. J’aimerais être celle qui prend au mot le slogan de ‘Colère : nom féminin’ : Ta main sur mon cul, ma main sur ta gueule. Je ferais de mon mieux, mais vous, vous les filles qui avez de nature ce caractère, la fougue dans les tripes, par pitié, ne me faites pas un speech comme celui-ci. Arrêtez juste une fois de parler de trucs à paillettes pour le corps et de pinceaux pour les yeux, propagez le mot, faites entendre votre voix pour cette cause comme si c’était toutes les victimes du harcèlement de rue qui parlaient. Beaucoup d’associations le font, débutent, et il ne tient qu’à nous de changer les choses.


Vous le faites pour VOUS aussi.


Je vous le redis comme dans l’autre article : quitte à se faire belle et à parler mode, le but c’est de pouvoir s’adonner toutes ensemble à ces passions féminines dans un espace public sain et dépourvu de commentaires sexistes. Si on se pomponne pour rester dedans, ça ne sert strictement à rien.


A toutes les bloggeuses populaires, et avec l’espoir d’être entendue. Désolée pour le vocabulaire pas très fleuri et la hargne pleine de postillons. En vrai je ne suis pas méchante, j'ai juste trouvé une cause pour le devenir en cas de nécessité.






Cam-miyu





27 commentaires:

  1. Et voilà un article qui me touche ! Très bel article ! Très bien écrit, moi qui suit confrontée à ce genre de choses, tu m'as pourtant fait ouvrir les yeux sur d'autres points importants ! :D <3

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  2. Excellent article, donnant un bel avis contre le sexisme sans pour autant sombrer dans ce féminisme extreme que j'execre. Bonne continuation Cam :)

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    1. En même temps, tu me connais ^^
      Merci !

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  3. Le "féminisme extrême"??? Qu'est ce que c'est pour que ça mérite d'être à ce point haï??
    Je n'ai pas lu un "avis" dans cet article, mais un appel à la lutte que je partage complètement.

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    1. Calme Emma, James est un ami, et il n'est pas dans la haine du tout, sa philosophie c'est plutôt l'égalité parfaite, y'a pas si longtemps il a posté une vidéo sur les violences conjugales faites envers les hommes, qu'on ne connait que trop peu. Il n'est ni en faveur des uns, ni contre les autres, il est pour l'entre-deux d'égalité, d'où son incompréhension envers le féminisme très poussé. :)
      Merci pour ton commentaire :D

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  4. Personnellement j'ai eu beaucoup de chance parce que je n'ai eu affaire au harcèlement de rue que 4 ou 5 fois peut-être en tout et pour tout et ce n'était rien de très violent. En revanche je l'ai vu beaucoup plus souvent dès lors que je me trouve en compagnie de ma meilleur amie puisqu'elle est du genre grande, belle et mince et que forcément les hommes se permettent beaucoup plus de remarques. Mais en plus d'être bien foutu, elle a aussi un fort caractère et c'est assez régulièrement qu'on peut l'entendre hurler "connard" en pleine rue. Ce à quoi les hommes ne savent généralement pas répondre...

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  5. Je suis totalement d'accord avec ton article. Je suis moi même totalement apeuré des que je dois sortir seule, et ça ce n'est pas normal... J'aimerais vraiment que les choses s'améliore

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    1. Si seulement... Dans quelques années, peut-être... Je me dis si ça s'améliore pas, je m'exile.
      Merci !

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  6. Je ne suis pas d'accord avec toi concernant le fait de passer son chemin, je trouve que ce conseil est très sage. Non pas parce qu'il conseille aux femmes de la mettre en veilleuse et de rester des victimes, mais parce qu'il conseille aux femmes de ne pas se rendre malade pour quelque chose qui n'en vaut pas la peine.

    Il y a des femmes fortes et résistantes qui vont insulter le mec en retour et le faire filer la queue entre les jambes - on sait bien que ce genre de mec a juste assez de courage pour ouvrir sa grande gueule mais pas assez quand l'antilope se retourne pour le décapiter comme dirait Benabar.
    Jack Parker est de celles-là et elle en a payé le prix fort (http://www.madmoizelle.com/colere-harcelement-agression-sexuelle-239358). Mais même elle a subi un contre-coup émotionnel comme tout humain normal impliqué dans un drame.

    Et puis il y a les autres, les femmes comme toi, moi et celles à qui on conseille de "passer son chemin". Celles qui se rendraient malade rien qu'à ouvrir la bouche pour chercher la bagarre avec ce mec. Celles qui vont en pleurer des heures quand elles rentreront chez elles et n'oseront plus sortir de peur que ce mec-là les attende au coin d'une rue. Nous ne sommes pas faibles pour autant, nous sommes seulement plus sensibles que d'autres.
    Pour nous, la stratégie du moindre mal est effectivement d'ignorer ces commentaires dès le moment où ce ne sont que des mots sans importance prononcés par un être ayant encore moins d'importance. Le but de ce genre de mec est de 1) se faire remarquer 2) mettre la femme mal à l'aise. Les ignorer c'est une autre façon de les remettre à leur juste place. Les insulter aussi, mais il faut avoir les tripes pour le faire et moi je ne les ai pas.
    Dans ce cas, on laisse filer, on continue sa vie en songeant "quel abruti !" et on passe à autre chose.

    Malheureusement, je crois ne pas me tromper en affirmant que la majorité des femmes (et des hommes même si là n'est pas la question) fait partie de la seconde catégorie, "vivre et laisser vivre". D'où le bon sens du conseil "vous passez votre chemin sans leur prêter attention", applicable au plus grand nombre. Ne nous rendons pas malades, tristes ou inquiètes pour quelque chose qui durera 10 secondes le temps qu'une phrase soit prononcée.

    Après, si le mec en vient aux gestes, fini de la jouer cool, c'est l'heure du genou dans l'entrejambe. Mais il faut déjà un sacré cran (ou une sacrée dose d'alcool dans le sang + une bande de copains à impressionner) pour qu'ils en arrivent là. Et là, oui, on ne se laisse pas faire car c'est aussi ce qu'il attend ("t'aime ça hein ?" ben non, justement), on lui fait comprendre par des gestes ou des mots sans équivoque que la ligne rouge a été franchie.

    Voilà mon avis sur la question, venant toutefois de quelqu'un qui ne subit pas beaucoup de harcèlement. C'est plus un avis théorique que pratique...

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    1. Coucou Plume d'Hiver, merci pour ton long commentaire, j'espère que je vais pouvoir y répondre au mieux ! Ce que je vais dire est dit sans animosité ni hostilité aucune, je tiens à le préciser (on ne sait pas souvent si la personne derrière son écran à une gueule de Rambo partant à une conférence militante ou si elle est parfaitement calme et cherche à exposer des idées lol). Je vais clarifier un peu mon point de vue, car certains points que je faisais passer sont en accord avec les tiens, mais ce n'était peut-être pas assez flagrant. Ce que tu dis pour les femmes fortes est vrai, comme pour celles qui préfèrent rester à l’écart. Et c’est ce que je disais. J’incite celles qui ont les moyens verbaux de remettre ces petits cons à leur place, parce que sinon oui, ces gars vont continuer de plus en plus à faire leur loi. Si personne ne va leur dire que c’est gênant, ils VONT CONTINUER, car chez certains dans leurs principes moraux, si on ne sort pas dans la rue accompagnées d’un homme, on est libres, voire une pute. C’est celles qui ont vraiment les moyens avec leur grande gueule que je blâme, en plus de blogguer, car la blogueuse en question a un très fort caractère. Et j’incite aussi à ceux qui y assistent, d’aider la victime, et ne plus se complaire dans leur statut de spectateur gêné.

      Dans tous les cas, le mec peut en venir aux gestes. Même si tu l’ignores, que tu le laisses gesticuler sans le regarder... Désolée de te le dire mais ça aussi c’est du vécu. (Je m'en serais bien passée...) Le but n’est pas de les insulter (au contraire, peut même être dangereux, je te conseille d’aller voir les liens que j’ai mis dans mon ancien article, à propos du livre en ligne NON C’EST NON qui a été repris sur le tumblr du Projet Crocodiles. Ils expliquent bien quoi faire) mais de leur faire comprendre leur comportement, et surtout de montrer A L’ASSEMBLEE qui peut assister à la scène à se BOUGER. Non, je suis désolée, mais le monde d’aujourd’hui me dégoûte, parce que même quand il n’y a pas de danger, personne ne se bouge le cul. Un exemple. Je suis donc agoraphobe. J’ai des crises de panique en pleine rue si la phobie est trop forte, et si je suis loin de chez moi je ne peux pas rebrousser chemin, d’ailleurs en pleine crise je ne vois plus, je n’entends plus, je transpire et je fais de l’hyperventilation, et je suis obligée de rester sur place. Une fois, à un arrêt de bus. Tout le monde me regarde par terre, personne ne bouge. Une autre fois, la première d’ailleurs, à la FAC. La crise la plus violente que j’ai faite. Je me suis raidie, toute blanche, avec perte de tous mes sens devant les entrées de deux amphi. PERSONNE, n’a bougé, encore une fois. C’est une camarade en arrivant qui m’a vue dans cet état et qui a gueulé sur tout le monde pour qu’on m’aide. Et ces deux expériences, ça montre que y’a des choses qui sont pas normales. J’ai pas envie qu’un jour je me fasse violer publiquement en plein jour dans le métro et que personne ne dise rien, de même que tomber dans les pommes et que personne ne m’aide. Si j’étais leur femme, leur sœur, leur amie, est ce qu’on me laisserait crever comme une merde là dans mon coin, non je ne crois pas, et bien c’est cette façon de laisser vivre et pisser, ne penser qu’à sa gueule qui me touche. Je pense que (en dehors de ma phobie, je reviens sur le sujet principal) par ailleurs, montrer dès le début que la limite est franchie dès qu’on te prend pour un objet, ça permet d’éviter certaines choses.
      Faire participer l’assemblée, en parlant fort et en mettant les gens alertes que quelque chose se passe, quitte à crier AU FEU (pareil que plus haut, à voir dans le livre NON C’EST NON) pour que les regards, les témoins ne soient pas passifs.

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    2. (commentaire trop long, voici la suite !)

      A Mons, tout juste cette semaine, une jeune fille s’est faite surprendre, un mec a commencé à l’insulter parce qu’elle portait une jupe. (l’article est ici si tu veux le lire en entier : ) Puis je vais citer l’article : Plusieurs noms d’oiseaux plus tard, il a commencé à la menacer. "Tu vas voir ce que je vais te faire. Tu n’auras que ce que tu mérites !", la menaçait-il. L’agresseur a commencé à défaire la boucle de sa ceinture, il l’a agrippée par le bras (lui laissant une importante empreinte).
      Elle s’est défendue mais l’homme était beaucoup plus fort qu’elle. Elle a finalement réussi à se dégager en lui portant un coup de genoux dans les parties intimes.
      Puis, elle a juste eu le temps de se protéger avec les mains. "Il a sorti son couteau et il a tenté de me porter des coups. Je me suis défendue, j’ai essayé d’éviter les coups. Mes mains, le côté droit de mon ventre ont été touchés. Il m’a aussi donné un coup de coude dans le visage. Là, j’ai cocard et une grosse entaille."
      Sans réactions alentours. Donc cette scène, c’est bien la preuve que même en ne faisant rien, on est vulnérables. Perso désormais je vais quand même commencer à répondre, cet évènement m’a faite réfléchir. Enfin, tout ça pour dire que parfois, et pourtant j’ai fait du karaté, mais le jour de l’agression avec mon pote… Tétanisée… Ca a participé à ma phobie d’ailleurs. Mais au moins agir, en parler, ne plus rester comme des Balistos quand quelqu’un a besoin d’aide.

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    3. Des imbéciles il y en aura toujours, chez les hommes comme chez les femmes hélas. Une des rares fois où je me suis fait insulter en rue, c'était par deux filles qui, pour une raison que j'ignore, ont commencé à me traiter de "chienne" depuis le trottoir opposé.

      Après avoir posté mon com' j'ai été voir le site Hollaback et le livre "Non c'est non" et j'y ai appris des choses, je te remercie de les avoir mentionnés ! (du coup j'ai partagé la page FB de Hollaback Brussels sur ma page, qui sait, ça peut toujours servir à quelqu'un) Égoïstement j'espère ne jamais avoir à poster d'histoire sur ce site...

      Toujours est-il que ça m'a ouvert les yeux : tu as raison, la fuite (au sens autodéfense du terme) n'est pas toujours la meilleure solution. Le pire c'est que j'ai un sale caractère, on m'a déjà dit que j'étais hargneuse, mais je sais que ça me fait souffrir de riposter parce que je suis aussi hypersensible. C'est pourquoi je favorise la non-réaction. J'essaie autant que possible de faire comprendre par mon attitude physique (regard froid, apparence calme) que je pourrais me montrer mauvaise mais que dans l'immédiat l'agresseur n'est pas digne de mon intérêt.

      Ça a bien marché le jour où un père de famille avec femme et enfants s'est mis à m'insulter dans le bus sous prétexte que je l'avais bousculé (j'avais un gros sac à dos et le bus était rempli) : je passe les détails qui visaient aussi bien moi que la gent féminine en général. Ajoutons à cela que je me déplaçais en tant que secouriste Croix-Rouge, je portais donc mes combat shoes avec pantalon à bandes réfléchissantes, bref je pouvais passer, au choix, pour une policière ou une pompière ; j'imagine que ce type ne l'a pourtant pas remarqué ou alors il était vraiment très con. Tout ça pour dire que je n'étais pas du tout inquiète : avec une lampe torche en métal bien dur dans la poche, j'avais de quoi le calmer s'il en venait aux mains. Je l'ai laissé s'égosiller jusqu'à ce qu'il descende du bus mais comme tu peux l'imaginer, personne d'autre n'a réagi. Fin de l'histoire.
      C'est difficile à dire mais je me sentais maîtresse de la situation alors que c'est moi qui me faisait rabaisser. Stupide ? Sans doute. Mais c'est ce qui m'a permis de ne pas rester traumatisée : 5 minutes plus tard, je racontais l'histoire à mes collègues et ça ne me faisait ni chaud ni froid.

      Tu as mis le doigt sur le problème majeur de notre société : l'indifférence des gens. La peur que, si on intervient, l'agresseur s'en prenne à nous plutôt qu'à sa victime d'origine (et c'est déjà arrivé). L'instinct de survie, en quelque sorte. Je peux difficilement blâmer quelqu'un de moins d'1m90 et champion de catch pour cela...Je ne sais pas si j'aurais le courage de risquer ma vie pour venir en aide à quelqu'un d'autre et ce n'est pas une question à laquelle on peut répondre à froid devant son PC.

      En revanche, dans le cas de tes malaises, je suis sidérée que personne n'ait rien fait. C'est une situation totalement différente d'une agression, ils risquaient quoi, que tu les mordes (lol) ?! C'est sans doute pour ça que j'étais secouriste, pour me donner les moyens d'aider les gens que personne d'autre ne regarde, ceux qui font un malaise, ceux qui se sont écorché le genou et autre banalités qui n'ont d'importance qu'aux yeux de la victime. Dire à quelqu'un qui est blessé dans la rue "je suis secouriste", c'est voir s'allumer une lueur de reconnaissance et de confiance dans ses yeux. C'est toujours mieux que la méfiance "est-ce qu'elle vient pour m'arracher mon sac ?"

      Je suis contente de pouvoir en discuter avec toi, même si nous ne sommes pas totalement d'accord c'est aussi ça le but des échanges sur un blog :-)

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    4. Je ne reviendrai pas sur la question d'intervenir/comment intervenir, mais pour répondre à vos interrogations sur le fait que les gens n'interviennent pas, même dans des situations non dangereuses, ça peut s'expliquer assez "simplement" par un phénomène psycho-social : http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_du_t%C3%A9moin. Même si, personnellement, je ne comprends pas vraiment comment les gens peuvent ne rien faire (mais je supporte pas l'injustice et je suis du genre à ouvrir ma bouche)...
      D'ailleurs, dans un contexte qui n'a rien à voir avec le harcèlement de rue, il m'est arrivé quelque chose que je ne comprends toujours pas. Un jour, dans le RER, une personne commençait à agacer vraiment tout le monde parce qu'elle faisait mumuse avec les sonneries de son téléphone (un vieux machin au son ignoble). Tout le monde lui jetait des regards noirs, et la personne qui l'accompagnait se sentait vraiment mal à l'aise. Au bout d'un moment, je me lève pour dire à cette personne qu'elle dérange tout le monde et que ça suffit (c'était vraiment insupportable hein). Elle m'a rétorqué que, vu que j'étais la seule à le lui dire, ça voulait dire que ça ne dérangeait que moi, et donc que je n'avais qu'à changer de rame (déjà, la logique biaisée : "Tu supportes pas la cigarette dans les cafés ? Sors donc...", euh, non, ce sont les fumeurs qui sortent, désormais). Et là, TOUS les gens autour de moi ont baissé la tête - les mêmes qui jetaient des regards noirs précédemment. Bon, j'ai été stupide, j'aurais dû les interpeler pour qu'ils interviennent, au lieu de quoi j'ai bêtement justifié leur silence, et j'ai fini par laisser tomber et retourner m'asseoir. Mais je ne comprends toujours pas, alors que ça les dérangeait vraiment, pourquoi aucun n'a signifié son accord avec moi...
      (à la réflexion, je me dis que j'aurais dû prendre son téléphone et le balancer par la fenêtre... après tout, ça n'aurait dérangé qu'elle, non ? ;) (je dis ça mais je suis pas une violente hein)).
      Du coup si, rien que pour ce genre de choses, les gens ne font rien, ça ne me surprends pas vraiment qu'ils ne bougent pas le petit doigt dans des situations plus "dangereuses".

      Pour revenir au sujet, merci pour le coup de gueule. Je lis de plus en plus de choses au sujet du harcèlement de rue (d'ailleurs j'avais déjà commenté anonymement ton précédent post ^^), ça "fait du bien". Même si personnellement je n'en suis pas trop victime (j'ai souvent droit à des techniques de drague maladroites, mais en général mignonnes et jamais intrusives (quand je leur dis non, ils comprennent), et ça me permet souvent de discuter avec des gens, alors ce n'est pas gênant (mais je suis pas agoraphobe ^^)), mais ce n'est pas parce que je ne suis pas vraiment concernée que je ne me sens pas concernée.

      Oh, et une dernière chose, Plume Hiver. Tu disais que les laisser faire et les ignorer, ça permettait de ne subir ça que quelques secondes puis d'oublier, mais je suis persuadée qu'au fond de nous, ça nous marque malgré tout, on n'oublie jamais vraiment (j'oublierai jamais le mec qui m'a accostée depuis sa caisse en me montrant sa b*te, même si ça n'a duré que quelques secondes). Puis ça crée un climat dans lequel on peut se faire insulter et "laisser faire", parce que ça ne dure pas... Pourtant, même s'il n'y a pas d'agression physique, se faire insulter régulièrement c'est vraiment une forme d'agression. Se faire rabaisser, ça n'aide pas à se construire... Et le fait même que tu aies raconté ton anecdote à tes amis (celle du mec qui t'insultait dans le bus), montre bien que, d'une certaine manière, ça t'a marquée (même si ce n'est que pour "en rire" ;)).

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    5. "Effet du témoin", j'aurai appris un nouveau terme psychologique aujourd'hui :-) Le pire c'est ça se passe exactement comme décrit sur Wikipedia. Nous sommes des moutons, si le groupe agit nous agirons, sinon... Ce qui me rassure c'est la fin de l'article : les personnes qui ont connaissance de l'effet du témoin ont plus tendance à lutter contre celui-ci que les autres. Un prochain sujet de discussion à table ?

      Attention je n'ai évoqué que mon cas et tout le monde ne réagit pas pareillement ; pour moi, laisser pisser le mouton est la méthode qui me réussit le mieux. Je n'oublie pas mais ça ne me laisse pas de séquelles. Cela dit je n'y suis pas confrontée régulièrement sans quoi je réagirais autrement j'imagine.

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    6. Plume d’Hiver, tu t’es faite insultée par… Des filles ?? Ca m’est arrivé une ou deux fois (dont une c’était ma pote qui m’a fait une remarque sur l’une, la nana l’a entendu, ça a dégénéré…) mais que ce soit des filles qui disent ce genre de choses, là ça me dépasse totalement… o_o
      Le faire comprendre avec le corps c’est bien aussi, mais de mon côté par exemple on me dit que j’ai une tête de bisounours, les agresseurs se foutent plus de ma gueule que de comprendre le message « Je vais sortir de mes gonds et je vais te rentrer ta casquette à l’envers dans ton nez et la ressortir par ta bouche » ^^’

      Dans tous les cas, pour mes malaises je n’ai vraiment pas compris. J’aurais pleuré de joie de croiser le chemin d’une secouriste je crois lol. J’ai déjà le flip en pleine crise qu’on m’arrache le sac en fait, j’étais déjà restée cramponnée à mon sac à dos alors que je ne voyais rien aux alentours. Je me rappellerais toujours de ma camarade qui a dû hurler devant les amphis pour que des gens se bougent le cul et viennent l’aider à me transporter. Ca me rappelle que ma mère et mon parrain ont tous les deux eu un accident en mobylette, et les conducteurs passaient à côté sans leur venir en aide. Là aussi, tu te poses des questions, est ce que je suis vraiment si insignifiant à ce point pour qu’on me laisse là, tout seul, avec mon accident /mal-être ?

      Du coup l’effet du témoin là je trouve ça intéressant mais ça me blase. Je remarque que souvent sur Rennes, y’a pas beaucoup de gens qui bougent leur gros cul dans le bus pour céder leur place assise à une personne âgée, ou à une femme enceinte. Un grand-père était même carrément ébahi que je lui cède mon strapontin (tatouages apparents, habillée en noir, on s’attend à une personne fermée, je crois qu’il n’en revient toujours pas il m’a remerciée 3 fois lol).

      Le coup de la drague mignonne, je l’ai eu assez souvent aussi au début que je sortais seule. Par chance je ne sais pas, mais du coup quand j’ai connu les premières situation de harcèlement, le contraste a été tellement violent, la putain de claque morale que je me suis prise !! Si seulement ils étaient tous comme les premiers que j’ai cités. Y’a vraiment des gars qui eux tentent leur chance, mais comprennent quand on dit NON. Et… Y’a les autres…

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    7. L'effet du témoin est effectivement un phénomène blasant :/

      Plume Hiver, en fait, en y réfléchissant, je pense surtout que le problème de laisser pisser, c'est que ça conforte ces personnes dans leur action : si personne ne dit rien, ça montre qu'elles ont le droit de s'accaparer de cette manière l'espace public, alors que pas du tout (mais Cammiyu l'a déjà écrit). Mais effectivement, si c'est le meilleur moyen pour toi de gérer la situation, et si tu n'en sors jamais "traumatisée", on ne va pas te demander de te transformer en super-héroïne et de faire un truc qui te mettrait mal à l'aise juste pour les autres filles qui passeraient derrière ^^ (je sais pas si je suis super claire là... Enfin en gros, comme le disait Cammiyu, celles qui se sentent le plus à l'aise pour l'ouvrir ne devrait pas s'en priver, et les autres doivent trouver le meilleur moyen de gérer la situation sans se traumatiser).

      Cammiyu, pour l'instant, je suis heureuse de n'avoir eu que le mec creepy en voiture comme "expérience" à ce sujet, mais quand je lis certains témoignages, ou que j'entends des copines me parler de leurs expériences, ça me fait drôlement flipper...
      Et en plus, je trouve que ça crée un climat non seulement hyper malsaint pour les nanas, mais aussi dans lequel les mecs cool qui tentent une approche mignonnette risquent de se faire rembarrer méchamment simplement parce qu'on craindrait qu'ils ne soient des harceleurs :/ D'autant que je lis souvent des filles dire que la rue n'est pas un lieu pour draguer, mais, en tant que personne qui adore parler avec les gens, je pense qu'une situation de drague peut souvent se transformer en une discussion bien sympathique et sans ambiguïté... Parce qu'autrement, plus personne ne se parle jamais, et je trouve ça triste :/ J'aimerais que la rue redevienne un endroit sain et convivial (mais, là encore, je ne suis pas agoraphobe, et j'aurais horreur d'imposer une discussion à quelqu'un qui n'a pas envie de me parler).

      Pour l'expérience de ta mère et de ton parrain, il est assez probable également que les autres conducteurs se soient dit que "quelqu'un" avait déjà prévenu les secours et que c'était réglé (ce qui pourrait être une forme d'effet du témoin, je suppose : "D'autres conducteurs sont passés avant moi donc quelqu'un a bien dû intervenir"). C'est crétin, et je ne cherche pas à excuser quoi que ce soit, mais ça me paraît bien probable, malheureusement...
      Par contre, les gens qui te voient faire un malaise et qui réagissent pas, je comprends vraiment pas... :(

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    8. C'est très vrai ce que tu dis moÖ, ça doit être difficile pour les mecs bien qui voient la fille à qui ils veulent parler se crisper sur son sac avec de la peur dans les yeux quand ils s'approchent. Dans quel monde vivons-nous...

      J'y pense, c'est peut-être plus facile de l'ouvrir et d'être une super-héroïne (je ne trouve pas de meilleur terme) pour défendre quelqu'un d'autre que soi-même parce qu'on n'est pas stressé, on a un peu plus de temps pour envisager les possibilités d'action, etc. C'est une réflexion que je me suis faite en passant.

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  7. BRAVO pour cet article ! Que j'ai partager sur Hellocoton : The Beauty With Lea ainsi que sur ma page facebook : The Beauty With Léa Page !
    Il est temps que les choses changent vraiment !

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    1. Merci beaucoup Léa !
      Oui il ne tient qu'à nous de faire bouger les choses !

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  8. Je ne peux qu'être d'accord avec ton article. Il n'y a aucune nuance à y faire, il est juste parfait.
    Je parlais aussi du harcèlement de rue il y a deux jours sur mon blog, et je suis ravie de voir que les voix se font entendre de plus en plus.
    J'espère que ce mouvement de révolte ne sera pas juste une vague passagère qui refluera, mais plutôt un ras de marée qui emportera tout sur son passage. Qu'on puisse enfin vivre sereinement dans les lieux publics.
    Bravo encore pour ton discours, et merci, aussi =)

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    1. Merci à toi ! Je peux avoir le lien de ton article ? J'aimerais le lire aussi :)
      Je vais gonfler tout mon entourage avec le sujet, tout le monde sera obligé d'en parler ! ha !

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  9. Bravo pour ce coup de gueule! Même si comme tout le monde, le harcèlement de rue, je connais, je reste quand même sidérée par la violence de tes propres expériences. J'avais moi même pondu un dessin suite à l'article de Jack Parker qui a fait le tour du web (http://bdreporter.over-blog.com/2014/03/harcelement-agressions-et-si-c-etait-vous-messieurs-1.html), mais je ne suis qu'une pauvre petite blogueuse à l'audience confidentielle, et je suis d'accord avec toi quand tu dis que ce serait sympa que les stars de la blogosphère se détourne une minute de leurs imprimés python et de leur nail art (qui ont tous les deux leur intérêt, bien sûr) pour sensibiliser leur audience sur le sujet....
    @MoÖ: j'ai malheureusement fait la même expérience que toi sur l'indifférence lâche des gens. Moi, c'était une petite frappe qui gueulait des insanités dans le bus. Au bout d'un quart d'heure, le conducteur lui a demandé de la boucler, la petite frappe l'a envoyé balader. J'ai été la seule à me lever pour appuyer le chauffeur. Je me suis retrouvée avec les doigts de la petite frappe autour de la gorge. Le bus était bondé, personne n'a rien fait. Depuis je suis sans grande illusion sur la capacité d'une foule à intervenir face à une agression, quelle qu'elle soit.

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    1. Bien dit pour ton dessin, dis donc !
      J'espère que les stars de la bloggo ne m'en voudront pas trop d'être crue sur les bords, mais j'avais vraiment les boules. Avoir une passion c'est bien, mais faire passer un message à côté de temps à autre, ça mange pas de pain. Dernièrement je participe surtout à des pétitions, la dernière en date pour l'Inde, où deux femmes ont été violées et pendues à un arbre. Des témoins, et on a laissé courir les agresseurs. Parce que (je cite !!!!) "dans certains cas le viol est légitime". ALLO ALLO, y'a quand même un problème là, ça commence par du harcèlement, et dans certains pays ça finit par viol et pendaison sans incrimination du délit, va falloir se bouger les miches quand je lis des trucs comme ça, mes yeux se sont écarquillés comme des soucoupes !!

      Je suis vraiment triste de toutes nos expériences partagées, ces expériences malheureuses qui selon moi ne devraient pas arriver... Y'a du chemin à faire...!

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  10. Je suis de plus en plus touchée par ce genre d'articles et à la fois ébahie de voir qu'ils prolifèrent sur la toile à une vitesse folle. J'en ai moi même fait un à mon petit niveau après une expérience assez désagréable dans le bus, et à la suite de la lecture d'un article comme le tien.
    Alors évidemment je n'ai pas suffisamment de lectrices (lecteurs) pour que ça fasse passer un message quelconque ou que ça fasse bouger les choses, je crois d'ailleurs n'avoir même pas eu de commentaires à ce sujet, c'est pour dire. Mais j'en ai parlé, et je crois que sur le coup je me suis sentie mieux.
    Dans la rue en revanche on ne se sent pas mieux, parce que les choses empirent quand elles devraient améliorer et que je ne pense pas qu'elles soient prêtes de changer, je ne pense pas que la blogosphère suffise à elle toute seule à faire bouger les choses. Il faudrait les journaux, les médias et l'éducation, surtout. Ca prend tellement de temps, de changer tout ça.
    Mais je n'ose pas blâmer celles qui n'osent pas réagir, parce que lorsque la situation s'est produite pour moi je suis restée complètement paralysée, et que ma gueule d'ordinaire si grande est restée sagement fermée au seul moment utile où j'aurais du l'ouvrir. Parce que l'une de mes proches s'est fait tabasser dans le métro bondé et que personne n'a levé le petit doigt. Je crois que les gens n'espèrent plus rien, désormais, et qu'ils préfèrent fermer les yeux.

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  11. ça me donne envie de frapper quelqu'un !! (o_o)
    Personnellement, je suis encore ado et je n'ai pas beaucoup de forme alors ça m'arrive pas souvent... Mais quand il y a un mec qui me parle mal je le fusille du regard, mais comme je me déplace en vélo, je prend pas le temps de m’arrêter pour lui en coller une... x'D Même si ça me ferais super plaisir de pouvoir le/les frapper !

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  12. Je trouve très bonne l'idée d'un article sur le harcèlement de rue, je suis persuadée que plus on en parlera autour de nous et plus on arrivera a faire bouger les choses! C'est un phénomène qui est devenu complètement banal et qui est rentré dans les "normes" de la société, et ça c'est révoltant.

    Je voulais juste rebondir sur ce que tu as dis a propos des filles ayant du caractère et qui devraient remettre à leur place ces abrutis. Je suis pas tout à fait d'accord, je fais partis de ces filles qui ne ferment pas leur geule facilement et on ne peut pas se battre seule. Si toutes les filles se disent "c'est pas grave, une autre se chargera de lui plus tard." On avancera pas.

    Il faut que tout le monde , je dis bien TOUT LE MONDE se bouge, femmes ET hommes. Parce que oui, il existe quand même des hommes qui respectent les femmes dans la rue, et heureusement d'ailleurs.
    J'ai malheureusement remarquer (même dans mon entourage) que la plupart des hommes ignoraient l'ampleur du phénomène, ils étaient très souvent surpris d'apprendre les mésaventures de mes amies et moi-même, et j'ai très souvent entendu "oui mais c'est un cas isolé", "t'en rajoute pas un peu?", " oui mais toi t'a la poisse", "sois pas parano!". Et non je ne suis pas entourée que de cons et de gens peu respectables, je pense qu'il y a un gros manque d'information.

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